Quel est le plus grand marché de contrefaçon en Chine ?

Produits de contrefaçon saisis par les douanes

La réputation de la Chine en matière de contrefaçon de vêtements, chaussures et toutes sortes de textiles n’est plus à faire. Aucune marque n’y échappe et il est très facile d’acheter une imitation de vos baskets préférées à Shanghai par exemple. Cependant, cette économie parallèle n’est pas sans conséquence.

Le marché de la contrefaçon à Shanghai

Toute la Chine est connue pour sa production massive de contrefaçon, mais Shanghai est sans doute la ville la plus populaire en la matière. Elle compte effectivement de nombreux marchés où il est possible d’acheter des vêtements, des chaussures et des accessoires de grandes marques pas chers, parce qu’ils sont faux.

L’un des marchés d’imitations les plus connus de Shanghai est celui de Qi Pu Lu. Il est vraiment immense et se trouve dans plusieurs immeubles différents sur plusieurs étages. Vous y trouverez principalement des vêtements, mais de toutes sortes et de toutes les marques imaginables. Il y a, évidemment, des imitations, mais aussi des originaux tout droit sortis des usines ou des grossistes.

Si vous êtes intéressé par l’achat de vêtements pas chers à Shanghai, vous devez également faire un tour par le marché Yatai ShengHui Shopping Square. Ce n’est pas le plus complet, mais vous y trouverez énormément d’habits, de chaussures, de baskets et d’accessoires à des prix défiant toute concurrence. Le marché se trouve au sous-sol du Shanghai Science and Technology Museum Plaza.

Imitation et faux vêtements, un marché gigantesque

La contrefaçon en Chine est un phénomène très largement répandu et qui s’explique notamment par les nombreuses infrastructures du pays dédiées à la fabrication des vêtements de grandes marques ensuite vendus à prix d’or en Occident. Comme les infrastructures et le savoir-faire sont déjà sur place, les Chinois en profitent pour créer leurs propres vêtements, quitte à y mettre le logo d’une marque connue pour les vendre plus facilement.

Cependant, les grandes marques en question voient d’un très mauvais œil ce concurrent qui inonde le marché des vêtements en Asie, en Europe et en Amérique avec toutes ces imitations. Grâce à Internet, le phénomène s’est amplifié et il n’y a même plus besoin de se rendre à Pékin pour commander une contrefaçon à un grossiste.

Il ne faut d’ailleurs pas oublier que la contrefaçon est illégale et durement réprimée en France et dans la plupart des pays occidentaux. L’imitation de vêtements d’une marque correspond effectivement à une violation de la propriété intellectuelle et vous risquez de sévères amendes. Soyez donc prudents si vous avez décidé d’en ramener de votre voyage parce que les douaniers sont particulièrement vigilants sur la question.

Les mesures du gouvernement Chinois

Si la contrefaçon en Chine est si répandue et qu’elle prospère aussi facilement, c’est évidemment parce qu’elle génère beaucoup d’argent et qu’elle crée beaucoup d’emplois. Beaucoup de l’argent généré par cette industrie est dissimulé au fisc chinois, mais le gouvernement ne se montre pourtant pas vraiment disposé à enrailler fermement le développement de ce marché.

Effectivement, il semblerait que le gouvernement chinois ne se préoccupe que peu de défendre les intérêts économiques de grands groupes de vente de vêtements dont les sièges économiques se trouvent à l’autre bout du monde. Au contraire, les conséquences du marché de la contrefaçon sont plutôt bonnes d’un certain point de vue en Chine parce qu’il donne du travail à beaucoup de monde.

Résultat, il est amusant de constater comme le gouvernement joue à un jeu, que certains qualifieraient d’hypocrite, avec les grossistes. Certes, l’imitation et la fabrication de faux vêtements de marque sont interdites, mais les blackmarkets pullulent avec la complicité des autorités locales qui leur donnent parfois l’ordre de ne pas imiter certains produits, comme ceux d’évènements majeurs. Cela avait été le cas pendant les Jeux Olympiques.

Quels problèmes pose la contrefaçon ?

Outre les revenus qu’elle retire potentiellement aux grandes marques de vêtements, la contrefaçon pose de nombreux problèmes économiques, écologiques et éthiques. D’un point de vue économique, c’est évidemment parce que des dizaines de millions de dollars échappent à la collectivité qui ne perçoit aucun impôt sur ces revenus.

Cependant, il faut aussi comprendre que les emplois créés par le marché des imitations sont des emplois très précaires, encadrés par aucune loi sur les conditions de travail et de revenu et qu’il n’est pas rare que les vêtements soient fabriqués par des enfants. Par ailleurs, de nombreuses ONG ont alerté les pouvoirs publics sur la situation désastreuse de ces travailleurs, plus proches du statut d’esclaves que d’employés.

Enfin, il faut aussi prendre en compte les impacts écologiques qu’un tel marché peut avoir. Le marché de la mode est déjà l’un des plus polluants au monde et la fast-fashion n’arrange rien à la situation. Cependant, les grandes marques de vêtements sont, au moins, soumises à certains contrôles et à certaines obligations qui permettent de surveiller leur production et son impact sur le monde et la planète. Le marché de la contrefaçon échappe à ces règles et pollue sans doute encore plus.

Faut-il encourager un tel marché ?

S’il est difficile, en tant que consommateur, d’avoir de la peine pour les fabricants de vêtements et les grandes marques qui les vendent à prix d’or, il faut tout de même prendre conscience des conséquences de nos achats.

La contrefaçon, si elle est une curiosité locale et presque culturelle inévitable lorsque l’on se rend en Chine et qu’il n’y a rien à faire contre, il faut quand même prendre la peine d’ouvrir grands les yeux sur tous les rouages de cette économie parallèle qui n’a pas que des bons côtés.

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